Article sur Intimités amoureuses dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/02/26/intimites-amoureuses-france-1920-1975-d-anne-claire-rebreyend_1160543_3260.html
vendredi 27 février 2009
mardi 17 février 2009
L'oiseau en cage
La rage se soulève sous la pluie d’un ennui brutal. Un jour lourd sous un ciel baudelairien, un soleil mort.
La chambre est petite et mal éclairée. Le parquet craque. Une folle échevelée regarde par de petits carreaux rectilignes la cime d’un grand sapin, raide et froid. Elle ne bouge pas, son regard est fixe. Derrière l’arbre massif, il y a un jardin, un grand jardin laissé à l’abandon où poussent les mauvaises herbes couchées par les longues pluies de l’hiver, une immensité sans vie. Et le regard, au risque de se perdre, se fixe, seul, sur le sapin uniforme.
Elle a la bouche entrouverte. Dans le silence qui l’entoure résonne le râle de sa respiration régulière et profonde. La solitude est une muselière aux harnais infaillibles. Sur une table en bois, à l’arrière de la pièce sont disposés quelques dessins aux traits violents et aux couleurs tourmentées par des jeux d’ombres et de reflets : ils représentent les branches d’un sapin difforme. Sinon, rien. Rien que des crayons de couleurs et quelques dessins. Puis le vide désert. Des murs blancs, des draps blancs, une vieille table et derrière les barreaux de la fenêtre, le grand sapin qui domine le parc.
La pièce est totalement insonore. Tout paraît calme, trop calme, presque indolore et la puissance des hurlements internes de la pauvre folle échevelée ne parvient pas à traverser la fenêtre close ni à toucher l’arbre solitaire.
Sur une branche, un moineau chantonne sous la pluie. Il secoue ses plumes mouillées. Puis, il s’envole vers l’éternité, au-delà des barrières du parc, par-delà les villes et la campagne.
La chambre est petite et mal éclairée. Le parquet craque. Une folle échevelée regarde par de petits carreaux rectilignes la cime d’un grand sapin, raide et froid. Elle ne bouge pas, son regard est fixe. Derrière l’arbre massif, il y a un jardin, un grand jardin laissé à l’abandon où poussent les mauvaises herbes couchées par les longues pluies de l’hiver, une immensité sans vie. Et le regard, au risque de se perdre, se fixe, seul, sur le sapin uniforme.
Elle a la bouche entrouverte. Dans le silence qui l’entoure résonne le râle de sa respiration régulière et profonde. La solitude est une muselière aux harnais infaillibles. Sur une table en bois, à l’arrière de la pièce sont disposés quelques dessins aux traits violents et aux couleurs tourmentées par des jeux d’ombres et de reflets : ils représentent les branches d’un sapin difforme. Sinon, rien. Rien que des crayons de couleurs et quelques dessins. Puis le vide désert. Des murs blancs, des draps blancs, une vieille table et derrière les barreaux de la fenêtre, le grand sapin qui domine le parc.
La pièce est totalement insonore. Tout paraît calme, trop calme, presque indolore et la puissance des hurlements internes de la pauvre folle échevelée ne parvient pas à traverser la fenêtre close ni à toucher l’arbre solitaire.
Sur une branche, un moineau chantonne sous la pluie. Il secoue ses plumes mouillées. Puis, il s’envole vers l’éternité, au-delà des barrières du parc, par-delà les villes et la campagne.
(Août 2008)
jeudi 5 février 2009
Après plusieurs mois de silence, je laisse parler de lui-même ce petit message : elle est étrange la sensation d'aller dans les librairies qu'on apprécie et de demander un ouvrage pour lequel on épelle soigneusement son propre nom de famille, avec un soin aussi méthodique que s'il s'agissait de tout autre acte administratif ou officiel de "tous les jours". Le livre est sorti officiellement aujourd'hui même. Cela fait des semaines que je l'attendais, ce jour. Une fierté sans limites. Se retrouver à la caisse d'une librairie, un livre de sa soeur en main !
Pour en savoir plus : http://w3.pum.univ-tlse2.fr/spip.php?page=ouvrages&id_article=827
Un article dans Le Monde des livres devrait suivre très prochainement.
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