mercredi 5 novembre 2008

Extrait d'un poème du recueil Feuilles d'herbe de Walt Whitmann :

J'ai dit que l'âme n'est pas plus que le corps,

Et j'ai dit que le corps n'est pas plus que l'âme,

Et que rien, pas même Dieu, n'est plus grand

aux yeux de chacun que soi-même,

Et que quiconque fait deux cents mètres

sans amour va à ses propres funérailles vêtu

de son linceul,

Et que toi ou moi, nous pouvons sans un sou

en poche acheter ce qu'il y a de mieux sur la terre,

Et que regarder avec un oeil ou montrer

un haricot dans sa cosse confond la science

de tous les temps,

Et qu'il n'y a pas de métier ou d'emploi

où le jeune homme qui l'exerce ne puisse

devenir un héros,

Et qu'il n'y a pas d'objet si fragile qu'il soit qui

ne puisse servir de moyeu à la roue de l'univers,

Et je dis à tout homme et à toute femme :

"Que ton âme demeure calme et sereine devant

un million d'univers."

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