vendredi 28 novembre 2008

mercredi 12 novembre 2008

Les romans et la littérature

Aujourd’hui, je rangeais soigneusement des livres dans les rayons de littératures européennes quand une femme vint me poser une question assez déconcertante : « Excusez-moi, je cherche les romans ». Pour le moins interloquée, je l’interroge du regard, tout en émettant un « Euuuuh… » communicatif. Alors, elle poursuit : « Ici on est dans la littérature, moi je ne veux pas de littérature, je cherche les romans.
- Des romans ? Quel genre de romans ?
- Des romans policiers par exemple, je sais pas, des romans quoi.
- Non mais, euh, c’est que, euh, la littérature comme vous dites, c’est des romans aussi, les romans c’est tout ce qui fait appel à l’imaginaire.
- Ah, je suis ignorante, excusez-moi.
- …
Voilà les policiers sont ici…
- Sinon, y a les romans de Chapsal, vous voyez des trucs comme ça, c’est où ?
- Les romans sont classés selon la nationalité des auteurs. C’est donc au rayon français.
- Vous n’auriez pas quelque chose à me conseiller ?
- Peut-être aimeriez-vous Danielle Steele ?
- … »
La moralité, c’est que, en retournant les propos de cette brave femme, on arrive à l’idée que les romans policiers et toutes ces séries de livres kitsch, voire carrément inintéressants qui garnissent les rayons (ces séries de livres épais, gros, aux traits souvent très niais) ne sont pas de la littérature.
Je ne vous le fais pas dire !

mardi 11 novembre 2008

Les arbres frémissent légèrement, dans la douceur d'un jour où, derrière l'opaque masse grise, se dévoilent les morceaux d'un soleil froid.

mercredi 5 novembre 2008

Extrait d'un poème du recueil Feuilles d'herbe de Walt Whitmann :

J'ai dit que l'âme n'est pas plus que le corps,

Et j'ai dit que le corps n'est pas plus que l'âme,

Et que rien, pas même Dieu, n'est plus grand

aux yeux de chacun que soi-même,

Et que quiconque fait deux cents mètres

sans amour va à ses propres funérailles vêtu

de son linceul,

Et que toi ou moi, nous pouvons sans un sou

en poche acheter ce qu'il y a de mieux sur la terre,

Et que regarder avec un oeil ou montrer

un haricot dans sa cosse confond la science

de tous les temps,

Et qu'il n'y a pas de métier ou d'emploi

où le jeune homme qui l'exerce ne puisse

devenir un héros,

Et qu'il n'y a pas d'objet si fragile qu'il soit qui

ne puisse servir de moyeu à la roue de l'univers,

Et je dis à tout homme et à toute femme :

"Que ton âme demeure calme et sereine devant

un million d'univers."