samedi 15 mars 2008

Une agréable chaleur, la petite fenêtre sous les toits, ouverte sur la rue. Les bruits feutrés des voitures, quelques voix échangées.

Sous un ciel bleu-gris, je traverse la forêt. Quelque chose a changé, des éléments figés. Un point de vue peut être.
Le tronc est là, toujours. Le temps l’a taillé, creusé, incrusté dans le champ. Enrobé d’une mousse humide et verte comme un voile de vieillesse. Ce tronc, banc d’occasion, pour mes révisions du bac français… Je lisais Une Charogne de Baudelaire, les champs me souriaient.

Le village, légèrement en contrebas, se détache. Une image, fixe.

Une primevère sauvage jaune sur les bords d’un talus, me souffle que le printemps ne tardera plus, maintenant. Que rien n’est plus beau, à la campagne, que le printemps.

Les lieux me semblent résolument « vides ». Le feu des passions adolescentes, éteint, une certaine sérénité. L’odeur de la boue qui sèche sous la timide apparition de la douceur.
Les rues sont désertes. Où sont les gens ? A quoi rêvent les gens, quand les forêts encore nues, montrent leurs premiers bourgeons ? Où sont les enfants ?

Nous ne manquions pas une occasion de nous lancer dans d’interminables journées de jeux d’extérieur. Nous descendions la rue, en criant, sur nos vieux patins à roulettes, chancelants, puis sur nos rollers tout neufs. Nous courions, à travers les jardins et les champs, par équipe, à qui se cacherait le mieux, s’enfuirait le plus vite !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

nostalgique ? Tu me le montreras cet arbre ? ^^

Les Mots Perdus a dit…

Guigui l'a vu, lui ! ^^ Bah oui, si tu viens... ^^