lundi 21 janvier 2008


Une nappe de nuage, filante et grise, enveloppe la nuit strasbourgeoise. Elle traverse la sombre fraîcheur d’une soirée de printemps. Quelques rafales de vent déplacent des petits papiers sur la rougeur brique du sol, comme teinté de sang, de la Grand Rue, étrangement silencieuse.
Les pavés se resserrent sur son pas pressé. Les lampadaires éclairent, ombres en bandes droites et claires, des morceaux du quadrillage. Elle marche, vite, les yeux vers le sol. Les carreaux s’étirent, profondeur sans fin. Ses pieds la portent dans ce gouffre aux marques exiguës. Les pavés, dont seul l’un ou l’autre crachat blanc troublent la régularité, défilent, indéfiniment.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est vraiment ça en plus. Quand on marche tête baissée et que les pavés défilent... Et tout d'un coup : le trottoir. Tout s'arrête, net. Il faut relever la tête et le défi de traverser...

Anonyme a dit…

Une belle image et un magnifique texte qui dit vrai ! Moi, j'adore regarder les pavés... (Hors sujet !) ^^